
Cette
introduction est constituée d'extraits du prologue
et des deux premiers chapitres, respectivement intitulés,
"Pourquoi j'ai adopté l'approche Option"
et "La méthode Option: comment devenir son
propre expert".
L'approche Option n'est pas qu'un simple outil, ni
une simple technique; basée sur une attitude
fondamentale, elle est une démarche continuelle
visant à voir plus clair. (...)
C'est une vision de la vie, un choix puissant et
efficace découlant d'une attitude: Aimer, c'est
choisir d'être heureux. C'est s'accepter et
s'aimer, accepter et aimer les autres. C'est comprendre
que "je vous aime vraiment quand je choisis d'être
heureux avec vous tel que vous êtes", quand
je vous accepte et vous permets d'être qui vous
êtes et comme vous êtes; et c'est comprendre
que "je m'aime vraiment quand je choisis d'être
heureux avec moi-même tel que je suis",
que je m'accepte et me permets d'être qui je
suis et comme je suis. Néanmoins, cela ne signifie
pas que je ne puisse pas vouloir une vie encore meilleure
pour vous et pour moi. Mais comme je vous aime tel
que vous êtes, je ne vous juge pas et je n'ai
pas besoin que vous vous conformiez à mes attentes
ou à mes idéaux personnels.
Pour ceux d'entre nous qui peuvent facilement être
heureux ou qui choisissent tout simplement de l'être
et qui suivent le courant naturel de leur bonheur,
point n'est besoin de méthode. Mais pour tous
ceux qui comme moi ont été ou sont présentement
accablés par certains malaises, légers
ou graves, la méthode Option est une façon
de clarifier nos croyances; elle nous offre une nouvelle
façon de comprendre et elle crée une
sérénité inhabituelle en nous.
Elle nous permet de devenir plus lucides, de faire
des choix sans précédent et de recréer
notre vie dans la mesure où nous le voulons.
Chacun trouve sa propre voie. Dans cette recherche,
chacun peut inventer sa propre façon de procéder.
Le mécanisme n'est qu'une ossature à
laquelle nous donnons un souffle de vie. Dans ce livre,
je vous présenterai une marche à suivre
pour vous interroger sur vos croyances et une méthode
pour devenir plus heureux. Mais la signification et
l'efficacité de cette démarche et de
cette méthode ne se trouvent pas uniquement
dans les mots et les questions. Ces instruments tirent
leur sens de notre attitude.
A bien des égards, la méthode se résume
à l'acquisition graduelle de l'attitude fondamentale.
Cette dernière est la base sur laquelle nous
pouvons édifier un nouveau moi en faisant de
nouveaux choix. Le véritable savoir se trouve
en chacun de nous et non entre les couvertures d'un
livre.
Si nous y mettons le temps, le processus s'intégrera
dans notre vie. Nous connaissant de mieux en mieux
nous-mêmes, nous avons de plus en plus de facilité
à vivre pleinement. Plutôt que de demeurer
étrangers à nous-mêmes ou de nous
préoccuper d'intégrer en nous l'univers
de quelqu'un d'autre, nous créons notre propre
univers. (pp 9-11).
L'approche Option m'a aidé à comprendre
la nature des croyances sous-jacentes à mon
malheur, des croyances qui déterminaient mon
comportement et mes émotions. J'ai appris à
choisir librement et consciemment ce qui me convenait
vraiment, à me recréer tel que je voulais
être, à troquer le malheur pour le bonheur.
En désamorçant ces croyances épuisantes,
gênantes et souvent douloureuses, ainsi que
les comportements et les émotions qu'elles
entraînaient, je suis devenu plus heureux; je
peux maintenant canaliser mon énergie et je
sais comment obtenir ce que je veux. Contrairement
à ce que j'avais faussement cru dans le passé,
être heureux m'amène à obtenir
plus souvent ce que je veux.
En examinant les données que j'ai sur moi-même,
je m'aperçois que je peux garder ou rejeter
ces informations et mes croyances comme bon me semble.
Rien n'est mauvais pour moi; mieux je me connais,
mieux je suis outillé pour actualiser mes désirs.
Mes perceptions et mes actions ne sont ni bonnes ni
mauvaises; elles ne portent que les noms que je leur
donne, que je choisis de leur donner. Mes réactions
sont toujours déterminées par ces choix.
En abandonnant mes vieilles croyances et en en adoptant
de nouvelles, j'assume la responsabilité de
ma vie et je deviens l'expert qui détient le
maximum de connaissances sur moi-même, comme
je l'ai d'ailleurs toujours été. Cette
transformation s'est produite parce que j'ai pris
la décision et choisi d'agir en conséquence.
Il n'y a qu'un expert en ce qui a trait à
moi et à mon univers, et cet expert, c'est
moi. Et vous êtes le seul expert en ce qui a
trait à vous et à votre univers. (p.21)
La découverte de moi-même par moi-même
devint une expédition joyeuse à l'intérieur
de moi. Devenant mon propre Socrate, je découvrais
mes croyances et je comprenais les causes de mes émotions
et de mes actions. Il n'y avait ni professeur, ni
gourou, ni thérapeute omniscient prêt
à m'offrir la réponse correcte à
chacune de mes questions. J'étais la force
motrice, l'explorateur et le découvreur. Et
mieux je me connaissais, plus mes choix étaient
basés sur mon bonheur; je n'avais plus besoin
de me rendre malheureux pour me motiver à avancer.
J'étais étonné par le grand
nombre de situations où j'avais l'habitude
de me promettre de devenir malheureux si je n'obtenais
pas ce que je voulais ou ce que j'espérais.
Je devenais misérable lorsque ma partenaire
ne s'occupait pas de moi. Je me mettais en colère
contre le directeur du personnel et contre moi-même
lorsque je n'obtenais pas le poste que je postulais.
Je m'en voulais lorsque j'échouais à
un examen. Je m'attendais à quelque chose et,
parfois, je ne l'obtenais pas; mais ce n'était
rien de plus qu'une autre façon de me motiver
à agir. Je croyais, en fait, qu'il ne suffisait
pas de vouloir quelque chose, que si mon bonheur ne
dépendait pas de l'obtention de ce que je voulais,
je ne ferais pas suffisamment d'efforts pour l'obtenir.
Cette dynamique transformait mes désirs en
besoins. Lorsque je veux quelque chose, je me concentre
sur les moyens à prendre pour l'obtenir. Je
ne crains pas de devenir malheureux si je ne l'obtiens
pas. Lorque je veux quelque chose, mon bonheur ne
dépend pas de la satisfaction de mon désir.
Par contre, le besoin donne une importance exagérée
à mon désir puisqu'il lie mon bonheur
à sa satisfaction. Je me dis que je serai malheureux
si je n'obtiens pas ce dont je crois avoir besoin
(amour, argent, sécurité). Je formule
ma propre prophétie de malheur. Il y a quelques
années, j'avais l'habitude de croire que l'angoisse
et les menaces me poussaient à essayer avec
plus de diligence d'atteindre mes objectifs; mais
en fait, elles constituaient souvent des distractions
qui entraînaient l'échec.
Parfois, mon besoin m'amenait même à
renoncer à ce que je voulais. Craignant de
ne pas l'obtenir, je choisissais de ne faire aucun
effort pour éviter de devenir malheureux. Pourquoi?
Pour plusieurs raisons, la plus importante étant
que je croyais que, si mon désir n'était
pas satisfait malgré tous mes efforts, je me
sentirais encore plus malheureux que si je n'avais
même pas essayé. Ainsi, je pouvais au
moins me consoler en me disant: "Comme je n'ai
pas essayé, je n'ai rien perdu et si j'avais
vraiment essayé, j'aurais sans doute réussi."
La pression qu'entraîne le besoin provoque un
court-circuit qui nous immobilise.
Par contraste, quand j'ai commencé à
considérer ce que je voulais comme des "désirs"
et non comme des "besoins", je me suis efforcé
d'atteindre mes objectifs sans que ma vie ou mon bonheur
ne dépende de la satisfaction de mes désirs.
Je ne vivais plus dans l'anxiété de
ne pas "être à la hauteur"
ou d'"échouer".
Avant ma découverte de l'approche Option,
je me servais aussi du malheur pour déterminer
à quel point je voulais quelque chose ou si
j'aimais vraiment quelqu'un ou quelque chose. Plus
je me sentais misérable quand je n'obtenais
pas ce que je voulais ou quand je perdais quelque
chose que j'aimais, plus je croyais que j'y tenais.
Si la menace de perdre ou la perte de quelque chose
ne me rendait pas malheureux, cela revenait peut-être
à dire que je ne voulais pas assez fort. Encore
plus destructrice était la croyance que, si
je me permettais d'être heureux en toutes circonstances,
je risquerais de finir par ne plus rien vouloir et
par me moquer totalement des autres. Je croyais que,
si j'étais complètement satisfait de
ma situation actuelle, je ne ferais probablement aucun
effort pour améliorer ma vie ou pour profiter
de nouvelles occasions. Je me rappelle que je croyais
aussi que j'aurais été sans coeur et
inhumain si je ne m'étais pas senti malheureux
dans certains situations.
Je me suis vite libéré de ma peur insidieuse
que le bonheur et l'inertie soient synonymes. Plus
je me sentais à l'aise avec moi-même,
plus il m'était facile de vouloir davantage
et d'oser poursuivre de nouveaux objectifs. Dans bien
des circonstances, mon bonheur n'était plus
en jeu. Je pouvais continuer à me sentir bien
même si je n'obtenais pas ce que je voulais.
(pp. 22-24)
Nous entreprenons la démarche Option lorsque
nous commençons à examiner notre comportement
et nos sentiments à la lumière des concepts
de bonheur et de malheur.
La plupart des gens croient qu'ils doivent être
malheureux maintenant pour pouvoir être heureux
plus tard. En nous servant du malheur pour nous motiver,
pour renforcer notre détermination ou pour
déterminer à quel point nous tenons
à quelque chose, nous créons un cycle
ininterrompu de malaises. Nous nous sentons malheureux
ou mal à l'aise dans le présent parce
que nous anticipons un avenir incertain. Et comme
l'avenir est toujours incertain, nous nous sentons
continuellement malheureux dans le présent.
Nous pouvons rompre ce cycle en nous aidant nous-mêmes
à être plus heureux en vivant ici et
maintenant, sans anticiper l'avenir. En opérant
ce changement, nous aidons aussi les autres de manière
indirecte. Notre acceptation et notre bonheur croissants
nous amènent à mieux aimer les autres,
à respecter leur territoire et leur liberté.
(p.43)
Le malheur repose sur un système logique de
croyances. C'est pourquoi nous examinons notre propre
système de croyances qui renferme tous les
raisonnements et détermine toutes nos réactions.
Nos perceptions et nos pensées sont orientées
par nos croyances et elles déterminent ensuite
notre comportement et nos sentiments. (...)
L'approche Option tient plus de la philosophie que
de la psychologie. Ce qui importe est ce que nous
avons appris (et croyons aujourd'hui) et ce que nous
voulons faire de ce que nous avons appris (et croyons
encore). CHACUN EST SON PROPRE EXPERT, même
lorsque quelqu'un d'autre lui pose les questions.
Personne d'autre ne sait mieux que vous qui vous
êtes et quelles sont vos croyances.
Vous déterminez la formule, l'ambiance et la
portée de l'exploration. S'il n'en était
pas ainsi, le dialogue refléterait les croyances
d'une autre personne. Et n'est-ce pas là ce
qui nous a amenés au point où nous en
sommes, à ignorer notre propre voix et à
négliger ce que nous savons?
Lorsque les interprétations et les objectifs
d'une autre personne remplacent les miens, je suis
bombardé une fois de plus de croyances, ce
qui ne m'aide aucunement à découvrir
les miennes propres, ni à choisir de les accepter
ou de les rejeter. C'est moi qui peux déterminer
qui je suis et ce que je veux. "Mais comment
être certain que je me dirai la vérité?"
Posez-vous la question et répondez-y vous-même.
Il n'y a qu'un spécialiste responsable de
mon cas, et ce spécialiste, c'est moi; il n'y
a qu'un seul spécialiste responsable de votre
cas, et ce spécialiste, c'est vous.
La méthode Option qui découle de l'attitude
se compose de trois questions fondamentales et d'une
question optionnelle. Quoique chaque question puisse
être formulée de plusieurs façons
différentes et soulever des questions secondaires
qui permettent de clarifier les réponses, la
formule est incroyablement simple.
(Optionnelle) QU'AURIEZ-VOUS PEUR DE VOIR SE PRODUIRE
SI CELA NE VOUS RENDAIT PAS MALHEUREUX ?
"Quoi? C'est tout? C'est impossible", vous
dites-vous. "Ces questions ne mèneront
à rien; cela est trop simple et je suis trop
complexe. Ces questions me restreindraient trop."
Oui, et non. Oui, les questions sont d'une simplicité
magnifique. Et non, elles ne sont pas trop simples
en ce qui a trait à l'exploration de nous-mêmes
et de l'aide qu'elles nous offrent pour nous définir.
Tout comme le bonheur lui-même, la marche à
suivre pour l'atteindre est fort simple et vivifiante.
Examinons d'abord la première question, ses
variantes et les questions secondaires qu'elle soulève.
QU'EST-CE qui vous rend malheureux? Ou QU'EST-CE qui
en cela vous rend malheureux? Si vous veniez de perdre
un proche, d'être mis à pied, d'encourir
une dette imposante, si vous avez des problèmes
sur le plan sexuel ou financier, la question vous
semblera peut-être insultante ou ridicule au
premier abord. Qui oserait demander à une femme
pourquoi elle se sent malheureuse depuis le décès
de son mari? La question semble non seulement choquante,
mais ridicule. Or, l'est-elle vraiment?
Cette question peut sembler stupide parce que chacun
de nous y donne immédiatement une réponse
sur un ton autoritaire, certain qu'elle sera la même
pour tout le monde. Pourtant, les réponses
varient beaucoup et elles sont rarement difficiles
à comprendre. Les thérapeutes, les spécialistes
et les professeurs croient souvent qu'ils connaissent
la réponse avant que le client ne l'ait exprimée
et c'est sur cela qu'ils se basent pour faire leurs
diagnostics et leurs prédictions. Or, vous
êtes la seule personne à connaître
votre réponse à cette question. Reprenons
la question. Qu'est-ce qui vous rend malheureux depuis
la mort de votre partenaire? Personne ne soutient
que nous "ne devrions pas" nous sentir malheureux
lorsque notre partenaire meurt, ni que nous devrions
étouffer notre malheur et ne pas en parler.
La démarche vise à dévoiler les
croyances sous-jacentes. Vous seriez probablement
étonné par la diversité des réponses:
"Je suis malheureux qu'elle ait tant souffert",
"je suis malheureux d'être seul",
"je suis malheureux parce qu'elle me manque beaucoup",
"je me sens coupable parce que je ne l'ai pas
assez bien aimée", "je suis malheureux
parce que je suis difficile à vivre et que
je ne trouverai probablement personne d'autre qui
pourra m'aimer comme elle m'aimait". Selon notre
concept de non-directivité, tout est accepté;
chaque réponse nous amène à explorer
un domaine différent. "Comment reconnaîtrai-je
la bonne réponse pour moi?" Posez-vous
la question et répondez-y. Une piste qui commence
à un point précis peut nous mener à
plusieurs endroits différents. Nous ne pouvons
pas présumer que la réponse ou la peur
sous-jacente soient évidentes; il n'y a pas
de réponses évidentes. Pour moi, il
n'y a que ma réponse et, pour vous, que votre
réponse.
Chacun de nous a ses propres raisons d'être
malheureux. Et comme nous sommes tous différents
les uns des autres, vous êtes seul à
posséder la réponse qui soit vraie pour
vous.
Cette question offre aussi plusieurs variantes. Nous
répondons souvent: "Je ne suis pas malheureux,
je suis en colère." Il s'agit alors de
composer avec notre propre vocabulaire et avec nos
symboles personnels. Qu'est-ce qui me met en colère?
Qu'est-ce qui m'angoisse? Qu'est-ce qui me rend mal
à l'aise? Qu'est-ce qui me fait peur? Malheureux
est un terme global qui symbolise tous les sentiments
et toutes les pensées qui créent nos
malaises. Une question secondaire nous aide à
clarifier la réponse à la première
question. "Que voulez-vous dire exactement?"
Ou: "Qu'est-ce qui vous rend malheureux à
ce sujet?" Si je disais que j'étais malheureux
de n'avoir personne qui prenne soin de moi, il faudrait
que je précise ce que je veux dire. Sur le
plan physique? Affectif? Sexuel? Financier? Nous pouvons
habituellement clarifier la réponse à
cette première question à l'aide de
questions secondaires pour déterminer la source
précise du malheur.
Nous commençons alors le cycle. Qu'est-ce
qui vous rend malheureux? Je me sens triste depuis
la mort de ma partenaire. Qu'est-ce qui vous rend
triste exactement? Elle me manque. Que voulez-vous
dire? Je n'ai personne avec qui partager ma vie, personne
ne se soucie de moi; personne ne m'aimera jamais.
Maintenant, la possibilité de ne jamais trouver
une partenaire et la sensation de ne pas être
aimé deviennent le point de mire des questions
et des réponses. Mais nous n'avons pas encore
dépassé la première question.
Et souvent, lorsque nous posons la deuxième
question, nous retournons à la première.
Il n'y a aucune logique rigide et prédéterminée.
La démarche s'inspire toujours des réponses.
Toujours. Sans aucune exception.
La méthode Option vous offre une façon
d'être présent à vous-même;
elle ne vous tire ni ne vous pousse jamais dans une
certaine direction. Elle vous permet de suivre vos
tendances naturelles.
La deuxième question: POURQUOI cela vous rend-il
malheureux? Encore une fois, certains seront peut-être
agacés et tentés de crier : "Quelle
question idiote! Pourquoi?" "Mais tout le
monde est malheureux à la mort d'un proche!"
D'accord. Mais personne ne juge votre malheur. Cette
question ne vous met pas en accusation; elle ne vous
critique pas; elle vous invite simplement à
déterminer les raisons de votre malheur. Lorsque
quelqu'un nous demande: "Pourquoi... ?",
sa question cache souvent bien des choses; par exemple,
elle laisse souvent sous-entendre que vous devriez
réagir ou procéder d'une autre façon.
Mais ici, le pourquoi n'est pas chargé; il
ne véhicule aucun jugement sous-entendu. Il
s'agit tout simplement d'un outil qui vous aide à
mieux comprendre.
Supposons que nous ayons répondu que la mort
d'un proche nous rend malheureux parce que nous sommes
maintenant seuls. La prochaine question à poser
serait: Pourquoi être seul vous rend-il malheureux?
Parce que personne ne m'aime. Pourquoi est-ce que
cela vous rend malheureux? Parce que je veux être
aimé. Et maintenant, nous pourrions introduire
la question secondaire: Qu'auriez-vous peur de voir
se produire si vous ne vous sentiez pas malheureux
d'être seul? Je resterais seul. Je n'essaierais
peut-être pas de trouver une nouvelle partenaire.
Oh! Vous voulez dire: "Si je ne me sentais pas
malheureux d'être seul, je ne ferais aucun effort
pour améliorer ma situation." Nous venons
de découvrir une croyance importante. Elle
nous permet aussi de comprendre que même en
nous rendant malheureux, nous prenons soin de nous-mêmes
de notre mieux.
Nous sommes maintenant prêts à poser
la dernière question: Pourquoi croyez-vous
cela? Parfois, nous ne trouvons aucune réponse
à cette question. Dans ce cas, nous avons l'occasion
d'examiner la dynamique de notre croyance et de la
rejeter si nous le désirons. "Si je n'ai
aucune raison de le croire, pourquoi est-ce que je
le crois encore?" Parfois, nous trouvons une
ou plusieurs raisons. Par exemple: parce que c'est
toujours ce qui s'est produit dans le passé.
Nous pouvons alors nous demander: Même si c'est
ce qui s'est toujours produit dans le passé,
est-ce à dire que c'est ce qui se produira
toujours à l'avenir? Cette question aide à
clarifier la situation. Nous pourrions répondre:
Eh bien, je ne sais pas. J'imagine que ce n'est pas
nécessairement ce qui se produirait; mais comme
j'ai toujours peu de chance, c'est probablement ce
qui se produira. D'accord. Et si cela se produisait
encore une fois, qu'est-ce qui vous rendrait malheureux?
Nous revenons ici à la première question.
Comme chaque croyance s'appuie sur plusieurs autres,
le mouvement suit habituellement des pistes révélatrices.
La question Pourquoi croyez-vous cela? peut être
posée à n'importe quel moment, pourvu
qu'elle suive une réponse concernant une croyance
(je n'ai pas de talent, je suis détestable,
quelque chose ne va pas chez moi, etc.). En général,
les dialogues révèlent des croyances
fondamentales ou globales. Très souvent, lorsque
nous les changeons, des domaines complets de comportement
et d'émotion se transforment. Supposons qu'après
une exploration à l'aide de la méthode,
j'aie pris conscience d'avoir toujours cru que quelque
chose ne va pas chez moi. Je choisis d'abandonner
cette croyance, comprenant que je suis qui je veux
être et que je peux toujours changer comme bon
me semble. Ceci aurait une influence sur ma façon
globale de voir la vie et sur tous mes domaines d'activité.
Lorsque chaque question découle de la dernière
réponse, les possibilités sont infinies.
Nous nous donnons parfois des réponses qui
tournent en rond. Je déteste cela parce que
le fait que cela me rendre malheureux m'agace. Je
suis malheureux parce que je suis triste d'être
déprimé parce que je me sens mal à
l'aise. En réalité, nous remplaçons
alors simplement un mot descriptif par un autre. Il
suffit alors de poser une question pour clarifier
cette réponse: Qu'est-ce qui vous agace exactement
lorsque vous vous sentez triste ou déprimé?
Il n'y a rien de "mal" à vous sentir
triste ou déprimé. Suivez cette piste;
vous faites toujours de votre mieux.
Une autre observation utile: dites vos réponses
à haute voix si possible. Pourquoi? Pour que
vous puissiez les entendre, leur donner plus de corps
et les percevoir plus clairement. Les mots rendront
vos idées plus accessibles. Nos peurs et nos
croyances sont plus faciles à comprendre lorsque
nous les articulons. Et il est stimulant de s'entendre
énoncer une croyance à laquelle on adhère
sans s'en rendre compte. (Vous pouvez aussi faire
la démarche par écrit.) (p.46-49)