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Extraits de “Le bonheur c’est un choix” de Barry Neil Kaufman, Editions Le Jour
Nous apprîmes à sonder notre système intérieur de croyances et de sentiments au moyen de dialogues doux, non directifs et éclairants. Avec le temps, nous explorâmes toutes nos croyances. Aucune n’échappa à notre examen minutieux. Peu à peu, nous apprîmes à faire confiance à notre guide intérieur et à valoriser notre compétence innée. Nous nous fixâmes comme but quotidien de nous accepter nous-mêmes et d’accepter les autres avec joie et amour. Nous cessâmes petit à petit de juger les autres et les événements, et finîmes par voir notre vie avec un regard neuf et de plus en plus optimiste.
Le bonheur cessa de se dérober à nous; il devint le fruit de nos choix et de nos décisions. C’était si merveilleusement simple! Plutôt que de demeurer passifs à mesure que grandissait notre bonheur, nous devînmes plus énergiques, plus ingénieux que jamais auparavant, plus à même de convertir nos idées en actions. Certes, notre compréhension était loin d’être parfaite, mais bientôt nous pûmes appliquer notre conscience naissante, qui nous conférait un atout personnel profond et puissant, à une foule de situations.
Notre quête du bonheur et le fait que nous fussions vraiment plus heureux nous énergisèrent plus que nous ne l’aurions jamais cru. Nous pourrions aisément dire qu’être plus heureux et enseigner aux autres à l’être est agréable... et ce serait, en soi, une raison suffisante pour rechercher le bonheur et l’enseigner. Mais nous n’avions pas prévu à quelle point une attitude heureuse et aimante pouvait être transformatrice et pratique quand il s’agit d’affronter les grandes et petites difficultés de la vie de tous les jours. Bien que l’histoire qui suit puisse paraître familière aux personnes qui ont lu mes autres livres (en particulier Son-Rise), je désire la raconter brièvement ici, car elle illustre l’un des nombreux miracles qui découlent d’un bonheur accru, et marque un point tournant dans notre vie puisqu’elle nous amena, ma femme et moi, à découvrir la substance de ce livre-ci.
A dix-huit mois, notre troisième enfant, et premier fils, souffrait, de l’avis des médecins, d’un trouble neurologique et cérébral soi-disant incurable appelé autisme. Quand il ne dormait pas, Raun passait des heures à tourner en rond, à se balancer d’avant en arrière, à agiter ses mains devant ses yeux et à proférer une série de sons étranges et parfois sinistres. Il était littéralement hypnotisé par les objets inanimés tels que les blocs de bois, les lacets, les boules de papier et les assiettes, et il vivait dans un univers entièrement dépourvu de contacts humains soutenus et intimes. Quand nous le prenions dans nos bras ou l’étreignions, son corps demeurait flasque comme celui d’une poupée de chiffon. Il ne nous regardait jamais en face, mais regardait à travers nous sans nous voir avec des yeux fixes et morts. Nous nous tenions au seuil de son univers silencieux et étranger en cherchant passionnément la porte d’entrée.
Pendant que les médecins et les neuropsychologues secouaient la tête avec une sympathie manifeste, nous réaffirmâmes de notre mieux la perspective de bonheur et de non-jugement que nous avions adoptée et qui nous permettait maintenant de regarder notre enfant très peu ordinaire avec respect et appréciation. Pendant qu’ils détaillaient ses déficiences profondes, nous remarquions ses aptitudes intermittentes. Quand ils nous conseillèrent de le placer en institution, nous proposâmes de l’aimer. Quand ils nous prièrent de voir la réalité en face, nous réagîmes en espérant. Ces experts déclarèrent que la condition de Raun était irréversible et que notre petit garçon serait à jamais inaccessible. D’après leurs pronostics, il ne parlerait ni ne communiquerait jamais normalement et resterait à jamais perdu derrière un mur de comportements bizarres et potentiellement autodestructeurs. (p.26-27)
Nous adoptâmes une ligne de conduite que les autres jugèrent insensée. Nous décidâmes d’être heureux avec notre fils et, au lieu de le pousser à venir à nous et à se conformer à notre monde (ce qui semblait au-dessus de ses forces), nous le rejoignîmes dans le sien. Comme nous ne jugions pas ses comportements autistiques comme étant “mauvais” ou “malades”, mais les voyions comme ce qu’il pouvait faire de mieux pour l’instant, nous les utilisâmes comme des outils pour lui montrer que nous l’acceptions et lui enseigner notre monde. Quand il se balançait, nous nous balancions avec lui. Quand il agitait les mains, nous agitions les nôtres. Quand il faisait tourner une assiette sur le sol, nous faisions de même. Quand il gazouillait, nous apprenions sa chanson et la chantions avec lui. Nous ne nous contentions pas de l’imiter; nous le rejoignions avec tout notre être, avec sincérité et enthousiasme. Petit à petit, nous le rattrapâmes dans ses ténèbres et, grâce à un programme intensif de stimulation, nous tissâmes des liens de paroles et de tendresse entre lui et nous.
Nous transformâmes nos vies du tout au tout. Nous adaptâmes les pièces de la maison aux besoins du programme et changeâmes radicalement la routine de chaque membre de la famille, en partageant soigneusement notre temps entre notre travail auprès de notre fils et les moments de tendresse que nous réservions à nos deux fillettes. En retour, celles-ci participèrent toutes deux à nos efforts et devinrent les mentors de leur petit frère. Finalement, je quittai une entreprise prospère que j’avais mis huit ans à mettre sur pied.
Chaque jour était une nouvelle occasion de nous réengager dans cette aventure. Par-dessus tout, chaque moment devient une célébration concrète de joie pendant que nous jouions amoureusement avec notre fils déficient sur un terrain qui en effrayait tant d’autres. En faisant des milliers de pas douloureusement infimes avec lui, nous lui montrâmes à parler, à entrer en contact avec les autres et à maîtriser des aptitudes à l’autonomie que les autres enfants apprennent facilement et rapidement seuls.
Après que nous eûmes travaillé avec lui douze heures par jour, sept jours par semaine pendant plus de trois ans, cet enfant autistique, muet, souffrant de dysfonctionnement, gravement déficient, dont le Q.I était inférieur à 30 devint un être sociable, expressif et aimant qui ne portait absolument aucune trace de sa condition initiale. Raun finit par manifester une intelligence presque supérieure à la moyenne, il obtint d’excellentes notes presque partout tant au primaire qu’au secondaire et fut reçu avec la mention très bien. Actuellement, il fréquente l’une des meilleures universités du pays, il adore le tennis, le volley-ball et le ski de fond, et il illumine notre maison avec sa curiosité insatiable, son intelligence et ses rires.
Notre travail auprès de notre fils constitua un événement marquant qui révolutionna notre vie. Nous avions créé ce que nous considérons maintenant comme notre première expérience religieuse véritable, une expérience caractérisée par un profond sentiment de communion, la paix intérieure et l’acceptation. Nous voulions recréer de notre mieux l’essence de cette expérience dans toutes les autres facettes de notre vie: que nous conduisions la voiture à l’heure de pointe ou fassions l’amour, que nous préparions un repas ou aidions les enfants à faire leurs devoirs, que nous récurions le plancher ou honorions les efforts de nos parents. Les implications de cette attitude nous éblouirent: les changements opérés dans notre vie pouvaient être monumentaux et transformer chaque événement de façon irrévocable. (p.28-30)
Notre travail auprès de notre fils constitua un événement marquant qui révolutionna notre vie. Nous avions créé ce que nous considérons maintenant comme notre première expérience religieuse véritable, une expérience caractérisée par un profond sentiment de communion, la paix intérieure et l’acceptation. Nous voulions recréer de notre mieux l’essence de cette expérience dans toutes les autres facettes de notre vie: que nous conduisions la voiture à l’heure de pointe ou fassions l’amour, que nous préparions un repas ou aidions les enfants à faire leurs devoirs, que nous récurions le plancher ou honorions les efforts de nos parents. Les implications de cette attitude nous éblouirent: les changements opérés dans notre vie pouvaient être monumentaux et transformer chaque événement de façon irrévocable. (p.28-30)
“J’ai toujours pensé qu’amour était synonyme de souffrance, dit-il. Peut-être que ce n’est pas le cas, Bears. Aujourd’hui, j’ai entendu des participants employer ce mot de bien des façons. Avec tristesse, avec joie. Puis, je me suis dit: “Hé! ce n’est qu’un mot après tout. Mes parents lui donnaient une signification, mais moi, je pourrais lui en donner une autre. “ J’ai continué de réfléchir et je pourrais même me mettre à aimer ce mot-là.”
Dès la reprise du cours, il demanda à faire part de sa révélation aux autres participants. Puis, il se tourna vers sa femme, qui assistait au séminaire avec lui. Il se pencha vers elle et lui prit la main d’une manière gracieuse et tendre qui ne lui était pas habituelle. Il sourit, sa lèvre inférieure tremblait, et d’une voix douce, il dit: “Je t’aime”. Les yeux de sa femme se remplirent de larmes. En trente-six ans de mariage, il n’avait jamais prononcé ces mots-là.
Nous pouvons changer. Nous pouvons être différents. Nous pouvons défier l’histoire. Notre passé n’est qu’un souvenir que nous traînons dans le moment présent. Ce moment est plus important ou significatif que le suivant. Et l’instant d’après, nous pouvons tout changer. Il suffit de modifier notre point de vue... et nos croyances, à l’instar de l’homme ci-dessus.
Une vision (un cadre de référence ou un point de vue) est comme une amie invisible que l’on invente pour donner un sens aux événements. Nous créons des visions pour les meilleures des raisons: pour nous protéger, pour honorer ceux que nous aimons et exprimer notre affection. Mais il n’est pas nécessaire que nous devenions prisonniers de nos perspectives; nous pouvons les modifier et modifier nos vies en élaborant une image tout à fait nouvelle du monde... un pas humain à la fois.
Nous pouvons nous faire peur ou nous inspirer. Nous pouvons faire en sorte que le mot “amour” soit synonyme de souffrance ou l’employer pour célébrer la tendresse. Nous pouvons voir les gens comme des objets de mépris ou comme des être humains, encore qu’imparfaits et capables d’actions malheureuses. Nous pouvons généraliser et jeter une ombre sur toutes nos expériences futures ou prier Dieu de nous aider à dépasser nos barrières personnelles. C’est nous qui décidons. Nous sommes les artisans de nos attitudes et de nos expériences. Nous créons le monde en fonction de la façon dont nous choisissons de le voir!
Qu’est-ce qu’être heureux? Pour certains, le bonheur est un sentiment de satisfaction, de bien-être, de réalisation et de paix intérieur. Pour d’autres, il est plutôt symbole de joie, d’excitation et de communion. La sensation de bonheur est peut-être unique à chacun de nous; toutefois, nous savons quand il est là. Le bonheur présente certains traits communs. Quand nous sommes heureux avec nous-mêmes, nous nous acceptons (sans nous juger). Quand nous sommes heureux avec les autres, nous les acceptons (sans les juger). Le bonheur nous rapproche plutôt que de nous éloigner. Mais par-dessus tout, le bonheur rend l’amour tangible. Aimer une personne de tout son coeur, c’est être heureux avec elle, l’accepter sans la juger et célébrer son existence. S’aimer soi-même, c’est être heureux de ce que l’on est, s’accepter sans jugement et célébrer sa propre existence.
Combien de fois, au cours de séances avec des clients, n’ai-je pas entendu des enfants, des partenaires, des amis dire qui à leurs parents, qui à leur conjoint, qui à leur proche compagnon: “Ne peux-tu m’accepter et m’aimer comme je suis?” Au fond, ils demandent à l’autre d’être heureux avec eux. Ils sont quand même disposés à changer si l’autre le souhaite, mais ils demandent que l’amour ne soit pas conditionnel à ce changement.
La plupart d’entre nous ont horreur des critiques des autres et pourtant ils rentrent chez eux et s’en prennent à leur propre obésité, leur lenteur, leur imbécillité ou leur impatience. Ce que nous voulons des autres, que nous l’exprimions ou non, nous nous en privons nous-mêmes. Or nous pouvons offrir aux autres et nous offrir à nous-mêmes le cadeau de notre bonheur et de la paix, de l’amour et de l’acceptation qui en découlent.
La plupart d’entre nous ont horreur des critiques des autres et pourtant ils rentrent chez eux et s’en prennent à leur propre obésité, leur lenteur, leur imbécillité ou leur impatience. Ce que nous voulons des autres, que nous l’exprimions ou non, nous nous en privons nous-mêmes. Or nous pouvons offrir aux autres et nous offrir à nous-mêmes le cadeau de notre bonheur et de la paix, de l’amour et de l’acceptation qui en découlent.
Sans les nuages du malaise (peur, colère, dépression, anxiété, haine, jalousie, tristesse), nous pouvons voir plus clairement, mieux comprendre et être plus ouvert et plus énergique dans toutes nos entreprises. Au contraire, la tristesse prélève un lourd tribut quotidien sur nous. Elle nous détourne de nos buts, diminue notre endurance, draine notre énergie et nous pousse à accomplir une suite interminable d’actes autodestructeurs. (p.68-69)
De prime abord, reconnaissons que nous possédons déjà une certaine expérience dans la création du bonheur personnel. Nous le créons constamment grâce à des gestes petits certes, mais significatifs. C’est ce que j’appelle “le bonheur grâce au maquillage, à la musique et à la Häagen-Dazs”.
Une amie, qui séjournait chez nous, se heurta à moi tôt un matin alors qu’elle marchait précipitamment dans le corridor. D’un ton maussade, elle dit: “Ne me regarde pas et ne me parle pas: je ne suis aimable pour personne, je n’ai pas mis mon visage.” Puis, elle s’engouffra dans la salle de bain. Je souris. A mon avis, elle l’avait son visage. Toutefois, elle voulait le “parer” et se pomponner devant le miroir. Pourquoi? Pour être plus heureuse. Une heure plus tard, les yeux étonnamment brillants, elle m’étreignit en déclarant qu’elle était en pleine forme. Elle avait utilisé son maquillage comme source de bonheur.
Après une journée de travail bien rempli, un autre ami avait l’habitude de laisser son manteau en tas sur un fauteuil de l’entrée, puis de se rendre au salon en grommelant. Il râlait contre la circulation, les gens déraisonnables et l’épuisement professionnel. Se déplaçant avec une évidente fatigue, il tripotait la télécommande de sa chaîne stéréo en bougonnant et réussissait enfin à syntoniser sa station de radio préférée. En l’espace de quelques secondes, il ôtait ses chaussures d’un coup de pied, s’enfonçait dans un fauteuil moelleux et écoutait. Presque instantanément, sa grimace faisait place à un doux sourire. Il avait orchestré une transformation étonnante: il avait utilisé la musique pour créer son bonheur.
(...)Une fois la journée ou la soirée terminée, il m’arrive de me joindre à d’autres membres du personnel ou à des amis qui ont, tout comme moi, consacré beaucoup d’énergie à leurs diverses activités. Inévitablement, quelqu’un suggère “innocemment” de partager quelques litres de Häagen-Dazs. Dix minutes plus tard, nous nous retrouvons à deux, quatre ou six autour d’une table en train de nous empiffrer joyeusement. Nous utilisons la glace non seulement comme récompense, mais comme un stimulus pour être heureux ou plus heureux, et cela marche à merveille.
Le mythe qui sous-tend ces activités bien intentionnées serait que le maquillage, la musique et la crème glacée apportent le bonheur. Il n’en est rien! Nous créons ce bonheur en anticipant l’expérience en question, en la vivant ou en l’évoquant. Toutefois, ce que nous induisons et ressentons n’a rien à voir directement avec le stimulus externe et tout à voir avec le choix d’être heureux que nous opérons intérieurement. En effet, nous avons découvert que l’on peut déclencher ce mécanisme intérieur à la suite d’un choix ou d’une décision personnelle sans avoir besoin d’un soutien externe comme le maquillage, la musique ou la crème glacée. Nous pouvons être heureux sans raison... le bonheur étant une raison suffisante en soi. (p.70-71).
Très souvent, nous tenons et entendons les autres tenir des propos comme: “Elle m’a mis en colère!” “Il m’a contrariée!” “Si mes parents avaient été plus gentils et plus coopératifs, j’aurais été plus heureuse.” “Equilibrer mon compte en banque me rend dingue.” “Leur proposition m’a emballé!”
Nous parlons comme si nos émotions (colère, contrariété, joie, folie, insécurité ou excitation) étaient causées par des gens ou des événements extérieurs.
Pendant leurs études secondaires, nos deux aînées, Bryn et Thea, eurent une aventure qui les força à s’interroger sur l’origine de leurs sentiments. Un après-midi, elles emmenèrent leur frère cadet à une pizzeria où elles prirent place avec des camarades d’école. La peau du gentil Tayo qui était d’origine hispano-américaine et de descendance variée, était devenue très noire au soleil de l’été. Ces grands yeux noirs et interrogateurs mettaient en valeur son nez large et plat et ses lèvres charnues. Une adolescente, qui ne pouvait détacher son regard de l’enfant, finit par dire: “Je suppose que vous êtes les baby-sitters de ce petit garçon-là.”
- Non, non, déclara Bryn en couvrant Tayo d’un regard fier sans remarquer le ton de la jeune fille. Nous adorons l’avoir avec nous... c’est notre frère.
Elle entreprit alors de raconter à ses camarades d’école les circonstances de l’adoption de son frère. La jeune fille qui avait fait le commentaire rit avec suffisance.
- Pourquoi ris-tu comme ça? demanda Bryn.
- Oh, pour rien, répondit-elle d’un ton sarcastique. Alors ton frère est un espingouiin! L’insulte résonna dans tout le restaurant.
Bryn bondit par-dessus la table, empoigna la fille par sa veste et cria: ”Ne répète jamais ce que tu viens de dire à propos de mon frère ou de qui que ce soit!” Comme les deux filles se levaient pour partir, Bryn se rendit compte, comme elle le raconta plus tard, que son adversaire était beaucoup plus grande et forte qu’elle. Elle remit aussitôt en question sa colère et son attitude agressive.
Thea, au contraire, avait ri en entendant le commentaire de l’adolescente sur son frère. Elle trouvait étrange et idiot que l’on ait autant de préjugés. Elle rejeta l’insulte et refusa de lui accorder quelque pouvoir que ce soit. En outre, elle suggéra à l’adolescente de réfléchir aux motifs qui la poussaient à employer de tels mots et à leur signification.
(...) Toutes deux adoraient leur petit frère et voulaient le protéger. Pour Bryn, le commentaire de la fillette révélait quelque chose sur Tayo; c’est pourquoi elle s’était fâchée et avait tenté de défendre son honneur. Thea, pour sa part, avait jugé qu’il en disait long sur la fillette plutôt que sur Tayo et s’était amusée de l’esprit retors de celle-ci.
Chacune de nos filles avait eu un choix. L’insulte raciale ne rendit pas l’une triste et l’autre heureuse. Chacune décida de voir l’incident dans sa propre perspective unique (sa vision du monde) et c’est pourquoi toutes deux se créèrent des expériences émotionnelles différentes. Devant un événement susceptible de déclencher une réaction spécifique, toutes deux auraient réagi de la même façon. Les événements sont ce qu’ils sont. Chacun de nous choisit sa réaction en fonction de la façon dont il décide de les voir et des croyances et jugements qu’il fait intervenir dans le processus. Personne ne tire les ficelles à l’intérieur de notre tête. C’est nous qui nous en chargeons.
(...) Au lieu d’être des victimes émotionnelles des circonstances ou de blâmer les autres pour nos actions et nos sentiments, nous pouvons nous prendre en main! Nous choisissons notre état d’esprit. Nous sommes les faiseurs de croyances. Dans cet univers, le bonheur est un choix et la tristesse est optionnelle (elle n’est pas inévitable). (p.76-78)
Le bonheur et la croyance que l’on peut être heureux n’importe où et n’importe quand, voilà l’ultime atout personnel!
Extraits du chapitre 6 intitulé :
les raccourcis vers le bonheur Comment mettre en pratique l’option du bonheur. La “décision d’être heureux” est en fait la décision de cesser d’être malheureux. (p.144)
Premier raccourci: accorder la priorité au bonheur Qu’il est merveilleux de rechercher la passion, la vitalité et l’enthousiasme dans ses relations amoureuses! Qu’il est charmant, sensé et utile d’encourager les autres à apprécier notre contribution (cela est aussi agréable pour le donneur que pour le receveur)! Qu’il est stimulant et emballant de produire davantage de biens commerciaux et d’améliorer sa propre valeur nette du même coup! Mais pourquoi assujettir notre bonheur (notre bien-être intérieur) à la réalisation de ces objectifs? Pourquoi ne pas être heureux maintenant et chercher ensuite à combler nos désirs? (p.149-150)
Quand nous investissons dans une relation, une carrière ou un enfant, nous cherchons à créer une situation qui nous rendra heureux. Toutefois, nous passons le plus clair de notre temps à manipuler l’environnement extérieur dans l’attente d’un bonheur éventuel plutôt que d’expérimenter un bien-être immédiat et prioritaire. Sans l’ombre d’un doute, ce raccourci est le plus évident. Nulle part où aller. Nulle montagne à escalader. Nul succès à atteindre. Nul bien matériel à acquérir. Nous pouvons poursuivre tous nos objectifs d’un coeur joyeux au lieu d’attendre que des événements extérieurs se matérialisent et nous rendent heureux.
Il n’y a aucune raison de garder le bonheur pour le dessert quand il peut constituer le repas tout entier. La prochaine fois que notre conjoint se fâchera, qu’un collègue nous critiquera, qu’un enfant criera ou qu’un parent grondera, nous pouvons utiliser cet événement pour nous rappeler que nous voulons, avant tout, être heureux. En fait, nous décidons de n’enfoncer aucun des ressorts de la tristesse ou de la misère. Nous avons le pouvoir d’opérer ce choix. Même devant une agression ou la perte d’un trésor, nous pouvons réaffirmer notre priorité dans chaque situation: être heureux. (p.155)
Il n’y a aucune raison de garder le bonheur pour le dessert quand il peut constituer le repas tout entier. La prochaine fois que notre conjoint se fâchera, qu’un collègue nous critiquera, qu’un enfant criera ou qu’un parent grondera, nous pouvons utiliser cet événement pour nous rappeler que nous voulons, avant tout, être heureux. En fait, nous décidons de n’enfoncer aucun des ressorts de la tristesse ou de la misère. Nous avons le pouvoir d’opérer ce choix. Même devant une agression ou la perte d’un trésor, nous pouvons réaffirmer notre priorité dans chaque situation: être heureux. (p.155) Une infirmière qui participait à des séances de dialogues craignait qu’en disant à ses amis médecins ce qu’elle pensait vraiment de leurs procédés et de leur attitude au chevet des patients, ils se dissocieraient d’elle. A mesure que nous explorions ses inquiétudes, les questions qu’elles soulevaient se précisèrent. Voulait-elle des amis qui l’appréciaient uniquement quand elle se censurait et approuvait tacitement ce en quoi elle ne croyait pas? Voulait-elle continuer d’être malhonnête envers elle-même et de nier ce qu’elle était? Quand elle reconnut le malaise que lui causait sa mascarade, elle décida que son comportement n’avait enrichi ni elle-même ni ses associés. En l’espace de quelques jours, elle rejeta son masque et exprima ses observations et suggestions. A sa grande surprise, bon nombre des médecins apprécièrent ses intuitions et demandèrent des conseils sur les changements qu’ils pouvaient apporter. (p.162)
Le risque que nous associons à l’authenticité est illusoire. Plus nous nourrissons ce que nous sommes, laissons tomber nos masques et nous exprimons librement, plus nos rythmes intérieurs se fondent dans les rythmes environnants. Il se crée une harmonie entre l’intérieur et l’extérieur. L’authenticité nous pousse à abandonner les masques et les déguisements qui ne sont pas vraiment nous et nous permet d’accepter et de célébrer notre personnalité la plus vraie. Nous renonçons uniquement à la tâche pénible qui consiste à jouer des jeux. Nous simplifions notre vie. Nous accueillons chaque situation sans embarras ni regret. Au lieu de nous exercer à avoir la “bonne” réaction, nous pouvons nous faire confiance en réagissant spontanément. Certains interprètent cette vision des choses comme une “permission de tuer”, d’être brutal et agressif. La réalité est tout autre. Les commentaires tristes ne sont pas des signes d’authenticité, mais des signes de tristesse. Mon expérience m’a prouvé qu’une ouverture et une honnêteté accrues favorisaient le bien-être et l’harmonie intérieurs. Ce courant croissant de bien-être (bonheur) suscite en nous un respect et un amour plus grands pour notre entourage.
Voilà un accès facile au bonheur. Commençons d’abord par exprimer à un conjoint, un ami, un collègue, un fils ou une fille, un parent, un détail sur nous-même que nous avons gardé secret ou que nous avons rarement confié à quiconque. Puis, lorsque nous serons tenté de nous censurer au cours d’une conversation, nous réprimerons cette tentation et exposerons sans contrainte nos pensées et nos sentiments. Et en partageant plus volontiers nos préoccupations, nous sourirons peut-être plus franchement à un enfant ou tendrons la main plus facilement à un étranger. Ces actes-là sont aussi de merveilleuses manifestations d’authenticité. (p.167)
Troisième raccourci: cesser de porter des jugements De tous les raccourcis qui mènent au bonheur, le fait de renoncer à juger peut être le plus impressionnant. En cessant de porter des jugements et en appréhendant les gens et les situations avec une attitude plus ouverte, non seulement on se donne des occasions d’éprouver un grand bonheur mais on abat parfois des murs autrefois jugés infranchissables. (p.167)
De tous les raccourcis qui mènent au bonheur, le fait de renoncer à juger peut être le plus impressionnant. En cessant de porter des jugements et en appréhendant les gens et les situations avec une attitude plus ouverte, non seulement on se donne des occasions d’éprouver un grand bonheur mais on abat parfois des murs autrefois jugés infranchissables. (p.167)
Nous avons appris à juger étant enfant. De même que nous avons naïvement assimilé les croyances de nos parents et amis, des politiciens, des chefs religieux et des médias, nous avons appris sans discernement à juger presque tout et tout le monde dans notre univers. Nous passons la plus grande partie de notre vie à juger: nos relations amoureuses, nos finances, notre sexualité, notre compétence en tant que parent et notre valeur personnelle. Puis nous braquons le projecteur de notre regard scrutateur sur les autres et sur les événements.
Nous sommes un organisme doué et capable de réagir à une gamme vaste et complexe de stimuli: commentaire d’un conjoint, douleur lombaire, bulletin d’un enfant, chèque sans provision, pain rassis, circulation de l’heure de pointe, fluctuations de la bourse, pollution de l’air, manifestations en faveur de l’avortement ou contre lui, trafic de drogue ou agitation politique dans d’autres pays. Nous passons ces stimuli à travers le filtre de nos croyances et portons des jugements sur ce que nous voyons, entendons et éprouvons.
Le principe suivant peut, de prime abord, donner une vision simpliste du comportement humain; toutefois, pour mieux comprendre, on peut peut-être ramener tous ses soucis à une question essentielle que l’on tend à se poser constamment: “Est-ce bon ou mauvais pour moi?” Notre réponse à cette question déclenche une variété de sentiments et d’actions.
Par exemple, une personne nous déclare son amour. Tout de suite, la question: cette déclaration d’affection et d’intimité est-elle bonne ou mauvaise pour moi? Une réponse possible peut être oui, elle est bonne (jugement), désormais je peux sentir que j’ai de la valeur (sentiment) et nous pouvons nous marier (action). Ou, je conclus qu’elle est mauvaise (jugement) parce qu’à partir de maintenant je me sentirai obligé (sentiment) de consacrer plus de temps et d’énergie à cette relation: en conséquence, j’ai tout intérêt à préserver ma liberté (action).
Disons simplement que le stimulus (dans ce cas-ci, la déclaration d’amour) n’engendre ni joie ni tristesse; il est, tout bonnement! C’est notre façon de le juger qui détermine ce que nous ressentons et comment nous agissons. Si nous jugeons qu’une situation est bonne (pour nous, pour ceux que nous aimons, pour l’humanité), nous sommes emballés, heureux, comblés et avons tendance à soutenir l’expérience ou à nous en rapprocher. Par contre, si nous la jugeons mauvaise, nous éprouvons de la colère, de la peur, de l’anxiété ou de la tristesse et avons tendance à nous en éloigner.
Souvent, nos jugements sont si rapides que nous n’avons pas vraiment conscience de nous être posé la question (est-ce bon ou mauvais pour moi?). Néanmoins, cette question, formulée consciemment ou non, sous-tend toujours nos jugements et détermine une grande partie de nos expériences affectives et de nos choix. (p.169-170)
Le secret du bonheur ne réside pas dans les événements mais dans la façon dont nous réagissons à ces événements. (p.173)
Nous sommes les faiseurs de croyances! Nous pouvons trouver le meilleur de chaque situation ou le créer. Le “bon” et le “mauvais”, et leur produit (bonheur ou malheur) résultent de nos jugements, c’est aussi simple que cela!
Que faire dans ce cas? Nous pouvons passer des heures, des semaines, des mois ou même des années à travailler sur notre système complexe de croyances dans le cadre d’une démarche qui nous paraîtra sûrement merveilleuse et intéressante. Nous pouvons aussi modifier dès maintenant la dynamique de nos croyances en axant nos décisions et nos actions sur notre désir d’être heureux. Nous pouvons mettre notre faculté de jugement à notre service. Au lieu de juger que des événements sont mauvais pour nous, nous pouvons décider maintenant qu’ils sont bénéfiques ou, du moins, qu’ils nous offrent une magnifique occasion d’apprendre et d’en tirer parti. (p.177-178)
Quatrième raccourci: être présent La tristesse n’existe pas dans le moment présent! Bien que cette affirmation puisse sembler absurde de prime abord, l’intuition qui la sous-tend produit un nouveau raccourci. La tristesse n’existe que comme un reflet du passé ou un regret, ou encore comme une anticipation ou une inquiétude à l’égard du futur. Elle n’existe pas maintenant, en ce moment... quand on est présent à celui-ci.
Au premier coup d’oeil, ce concept peut sembler paradoxal. Ce sur quoi nous portons notre attention à un moment donné se passe “en ce moment”. Par conséquent, nous pourrions conclure que nous sommes toujours dans le présent! Par exemple, pendant que nous roulons à cent kilomètres à l’heure sur l’autoroute, il se peut que nous songions à une nouvelle relation ou à un nouveau projet. Certes, nous vivons notre rêverie “au présent”; toutefois, nous ne sommes manifestement pas attentif au “moment présent” ni à notre conduite.
Je travaillai, pendant un certain temps, avec une femme dont les parents avaient survécu à l’Holocauste de la Deuxième Guerre mondiale. Cette expérience traumatisante avait influencé le reste de leur vie. Les fantômes des membres de la famille et des amis décédés hantaient chaque moment de leur journée. Les meurtres, les tortures et les privations endurés dans les camps de concentration avaient laissé en eux des cicatrices qui, disaient-ils, ne guériraient jamais. En fait, ils insistaient pour garder leurs souvenirs vivants afin de s’assurer que de telles atrocités ne se reproduiraient jamais. Leur fille leur avait emboîté le pas en adoptant leurs fantômes et en intégrant leurs souvenirs à son propre passé. En conséquence, reconnut-elle, elle éprouvait des difficultés à apprécier son mariage et ses enfants. En premier lieu, bien qu’elle habitât dans une banlieue qui n’avait connu aucun crime violent depuis dix ans, elle ne se sentait jamais en sécurité, même derrière des portes verrouillées. En deuxième lieu, elle ne pouvait pas apprécier son mari et ses filles sans s’inquiéter de leur avenir. En troisième lieu, et ce problème était le plus grave, elle ne pouvait se libérer du passé de peur d’abandonner et de déshonorer ses parents et les victimes des camps. Elle vivait ou dans la peur du futur ou dans l’horreur du passé.
En explorant son blocage, elle reconnut qu’en de rares occasions, quand elle jouait avec ses enfants ou faisait du vélo avec son mari pendant les vacances, elle avait connu des moments fugaces de rare bonheur. En poursuivant son exploration, elle comprit que pendant ces moments particuliers, elle avait vécu dans le présent. La question cruciale: pouvait-elle vivre dans le présent sans déshonorer sa famille ni perdre sa vigilance à l’égard du futur? Elle décida de tenter une expérience avec les membres de sa famille même avant d’avoir déterré toutes ses peurs et ses interrogations. Du moins avec ses enfants et son mari, elle pouvait choisir d’être dans le présent le plus possible. En quelques jours, sa vie se transforma profondément.
Dans une lettre qu’elle m’écrivit peu après avoir pris cette décision, elle disait: “quand je demeure consciente de vouloir être vraiment présente à mes enfants, je ne connais que joie et bonheur. Je pensais que Dieu voulait que je pense toujours au passé, mais je sais maintenant que c’était un jeu que je jouais. C’est seulement quand je suis présente que je fais vraiment l’expérience de Dieu. Je peux me souvenir du passé quand c’est utile. Je n’oublierai jamais et c’est tout ce que j’ai besoin de savoir. Etre présente n’est pas oublier, c’est simplement être présente!” (p.190-191) Quand nous jouons avec un enfant, mettons-y tout notre enthousiasme en laissant émerger notre spontanéité et notre curiosité. Quand nous faisons des exercices, pourquoi ne pas nous concentrer sur chaque muscle et chaque mouvement, attentif au miracle de notre corps et à notre constant désir de le garder en bonne santé? Il suffit de se rappeler qu’il faut être présent à chaque moment dans nos activités. Etre présent non seulement accroît notre compétence et notre efficacité dans nos relations personnelles et globales, au travail, dans l’éducation des enfants et le reste; mais encore cela augmente la profondeur et la portée de chaque expérience. Le bonheur, qui est peut-être le bénéfice le plus spectaculaire de tous, vient en prime! (p.195-196)
Cinquième raccourci: être reconnaissant
Quand nous sommes heureux, nous sommes vraiment reconnaissants. L’inverse est aussi vrai. Quand nous sommes reconnaissants, nous sommes vraiment heureux. En fait, je parle souvent de la gratitude comme de la façon la plus douce d’appréhender le bonheur. Nous pouvons couper court à notre misère en nous concentrant sur notre gratitude. En dépit de toutes les catastrophes qui pourraient se produire, nous pouvons trouver, dans les petites et les grandes choses, une source inépuisable de gratitude. Celle-ci devient alors le plus court de tous les raccourcis vers le bonheur. (p.196-197)
La plupart d’entre nous ont peut-être été élevés avec des “mercis” forcés. Peut-être avons-nous prononcé ce mot si souvent sans sincère reconnaissance qu’il a perdu toute signification à nos yeux. Combien de fois n’ai-je pas entendu des adultes comme des enfants déclarer: “Je n’ai pas besoin de dire “merci”.” Ou “Je ne veux pas dire “merci”.” Pour beaucoup, ce mot est pollué par des associations qui remontent à l’enfance. Pas étonnant que nous soyons devenus aussi ingrats! Non seulement résistons-nous à la gratitude, mais encore nous évitons de l’exprimer pour des raisons stratégiques. Quand on dit “merci”, faut-il donner quelque chose en retour à la personne remerciée? Exprimer sa gratitude pour une aide reçue nous rabaisse-t-il? Refouler ces sentiments dans le but de se protéger est illusoire. Nous ne retirons rien de notre silence et de notre stoïcisme. Nous ne leurrons pas le monde avec notre ingratitude, mais seulement nous-mêmes.
Certains apprennent à exprimer leur gratitude du bout des lèvres et, de ce fait, n’en récoltent pas tous les fruits. Peut-être était-ce justement cela le problème inhérent au “merci” obligatoire. Des mots! Même s’ils avaient pu être empreints de signification, ils ne nous encourageaient pas à prolonger notre gratitude par des gestes. Un sourire est un excellent début. Une étreinte amplifie le sentiment. Une main secourable ou un soutien significatif le rend encore plus tangible. Nos actions ne minimisent aucunement la reconnaissance muette que nous éprouvons à contempler un coucher de soleil, ou à regarder des chiots se presser contre leur mère. Etre reconnaissant signifie non seulement se délecter, goûter et apprécier, mais également reconnaître en même temps la bénédiction et le miracle d’une expérience. Dans ces moments, il n’y a de place que pour le bonheur.
Oui, on peut dire que nous avons vécu des moments particuliers d’émerveillement. Nous reconnaissons d’emblée le caractère impressionnant de cet événement qu’est la naissance, d’une symphonie de Beethoven, du panorama du Grand Canyon vu à vol d’oiseau, des premiers pas de l’homme sur la Lune, d’une greffe du rein ou de certaines actions héroïques. Toutefois, nous négligeons souvent d’apprécier les événements étonnants et dignes de gratitude qui surviennent tout autour de nous à chaque instant. (p. 197-198)
Chaque fois que l’on se sent perdu ou se voit vaquer sans joie à ses activités quotidiennes, il suffit de regarder autour de soi pour découvrir une profusion de choses, d’événements et de personnes à apprécier. En appliquant notre gratitude à des éléments précis, nous n’épuiserons jamais les ressources qui l’alimentent. L’oiseau qui glisse sur la chaude brise estivale n’est pas plus miraculeux que les toilettes qui favorisent notre hygiène et notre santé. Le château de sable que construit l’enfant n’est pas plus merveilleux que l’imprimé d’ordinateur qui nous permet de suivre nos finances. (p.199-200)
Nous pouvons découvrir une gamme infinie d’objets, de circonstances et de personnes à apprécier. Commençons par faire le simple choix de devenir conscient et reconnaissant. Nous pouvons intensifier notre expérience et rendre notre gratitude visible en y joignant un geste ou une parole!
Sixième raccourci: décider d’être heureux
Ce raccourci englobe tous les autres et pourrait les rendre désuets si nous apprenions à dynamiser nos décisions. Décider de placer le bonheur en tête de ses priorités, d’être authentique, présent, reconnaissant et de ne pas juger ne sont, au fond, que des manières différentes de décider d’être heureux. Elles peuvent également constituer des “exercices” utiles que l’on peut effectuer avec facilité et efficacité dès maintenant. Nous pouvons les utiliser pour créer instantanément le bonheur et la paix dans notre vie, tout en édifiant des arcs de bonheur destinés à remplacer nos voies neurales de tristesse. Plus nous serons heureux, plus les voies ou les raccourcis vers le bonheur deviendront des expressions naturelles de notre état d’esprit. Les gens heureux sont naturellement authentiques, présents et reconnaissants, et ils ne portent pas de jugements.
Lorsque nous optons pour le bonheur (plutôt que pour la tristesse), nous reconnaissons notre capacité de choisir nos croyances et nos sentiments, et de fonder clairement nos réactions aux événements et aux gens sur un dessein clair et conscient. Changer par la seule force d’une décision nous rappelle que nous pouvons aller directement vers le bonheur et l’amour. Nous pouvons créer une raison, comme la gratitude, pour atteindre cet état d’esprit (comme c’est merveilleux!) ou, pour ainsi dire, revendiquer publiquement l’expérience que nous voulons vivre. Bien que nous ayons pris l’habitude de ressentir de la joie en réaction à des événements et des interactions agréables, nous n’avons besoin d’aucun stimulus en fait.
Nous pouvons dynamiser notre décision d’être heureux en renversant les modèles de nos décisions précédentes chaque fois que nous disons non à la tristesse. Quand nos participants engagent des “dialogues option”, ils larguent leurs croyances malheureuses pour découvrir l’amour et la joie qu’elles masquaient. C’est comme si nous étions bonheur, amour et joie enfouis sous des couches de méfiance et d’inquiétude. Décider d’être heureux, c’est décider de passer au travers de ces couches en apparence impénétrables afin de défendre ce que l’on veut expérimenter maintenant. Dès l’instant où nous disons “je ne peux pas, c’est trop difficile, j’ai besoin de temps”, nous créons une prédiction autodéterminante qui fait que nous trouvons le changement impossible, ardu ou trop long. Toutefois, en recréant sa vision et en “fabriquant” la croyance que l’on peut changer instantanément, on transforme la réalité du tout au tout. Nous en avons la preuve tous les jours. En effet, si les gens croient qu’ils ont besoin de dialogues pour changer, ils se servent des “dialogues option” pour changer et, certes, c’est merveilleux. Mais s’ils choisissent de croire qu’une décision est suffisante, ils décident alors d’être heureux rapidement et facilement malgré les circonstances. Nous en avons le souffle coupé et acclamons cette possibilité qui est à la portée de chacun.
La plupart d’entre nous s’attendent à se sentir mal quelques minutes, heures, jours ou même semaines ou mois parce qu’ils ont appris systématiquement à utiliser la tristesse pour se motiver et se protéger, eux et les autres. Toutefois, nous pouvons nous déprogrammer en un instant et repartir à zéro. Il suffit de dire non à la tristesse! Quand on laisse tomber ses jugements à l’égard d’une personne que l’on voyait comme une ennemie, on dit non à la tristesse. Voilà des exemples de décisions qui disent non à la tristesse et oui au bonheur.
En décidant d’être heureux, nous allons droit au coeur de notre être. Nous voulons être heureux! Nous pouvons être heureux! Et nous le serons maintenant! Nous pouvons en faire notre intention manifeste et non une obligation qui concerne les autres. Bien que cela ne soit peut-être pas le choix de bien des habitants de cette planète en ce moment, cela peut, néanmoins, être accompli par quiconque y accorde la priorité. Aimer c’est choisir d’être heureux avec soi-même et avec les autres (de s’accepter soi-même et les autres). Le bonheur rend l’amour tangible! Si l’on veut créer une famille, une communauté, un pays et un monde rempli de gens aimants, acceptants, pacifiques et coopératifs, on doit d’abord se faire à soi-même le cadeau du bonheur (et de l’amour). On ne peut aller au-devant des autres et leur donner ce que l’on n’a pas encore éprouvé intérieurement.
Toutefois, on peut chercher et créer le bonheur en soi et pour soi. Nous n’avons pas besoin de raisons pour être heureux. Inventer des raisons fait partie du jeu que nous jouons pour justifier notre tristesse. Je pourrais décider d’être heureux, profondément et sincèrement heureux (aimant, ouvert, bien dans ma peau, calme), pendant toute la prochaine minute. Pourquoi? Parce que je veux être profondément et sincèrement heureux pendant soixante secondes. Je pourrais décider de prolonger mon bonheur d’une heure entière, un jour, une semaine, un mois, une année ou une décennie. Pourquoi? Parce que j’aime vivre dans le bonheur et l’amour, et saluer mon conjoint ou mon partenaire, mes parents, mes enfants, mes amis, mes collègues, mes connaissances et tout autre créature humaine ou animale avec gratitude et ravissement.
Que se passerait-il, direz-vous, si pour quelque raison que ce soit, je voulais descendre du train du bonheur après y être monté? Aucun problème. On peut toujours choisir (décider) de retomber dans son malheur car bonheur et misère demeurent des choix.
Si nous suivons notre aspiration profonde, nous choisissons le bonheur, et ces outils simples que sont les raccourcis seront les moteurs de notre progression.
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